• Comment les enfants peuvent-ils apprendre sans cours et sans professeurs ?

    Le modèle des écoles démocratiques repose sur une conviction : nous sommes tous des êtres naturellement apprenants.

    Entre sa naissance et l’âge de trois ans, l’enfant acquiert une quantité exceptionnelle de savoirs et de compétences. Ainsi, il apprend à marcher, à manger, à échanger et partager avec les autres… D’ores et déjà, il s’insère dans le monde social et se dote des instruments qui lui permettront de vivre en société, et ce sans avoir besoin ni de programme, ni de professeur, ni d’évaluation !

    Au sein des écoles démocratiques, le postulat est qu’il n’y a pas de raison fondamentale que le processus d’apprentissage change de forme à partir de l’âge de 3 ans. Un enfant qui apprend à maîtriser la syntaxe et la conjugaison tout seul est tout à fait capable d’apprendre à lire, écrire, compter mais également à faire des mathématiques, du théâtre ou du jardinage… sans professeur. La vérité de l’apprentissage, c’est qu’il est nécessairement autonome et informel.

    Pour en savoir plus sur les apprentissages autonomes nous vous invitons à voir le documentaire Être et Devenir, et à visiter notre page Ressources.

     

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  • Les enfants vont-ils apprendre à lire, écrire, compter si rien ne les y oblige ?

    Quand un enfant est prêt et qu’il a la volonté d’acquérir des compétences telles que la lecture, l’écriture ou le calcul, il y arrive plutôt facilement. On constate que les étudiant(e)s d’écoles démocratiques apprennent à lire seuls, certains à l’âge de 4 ans, d’autres à 12 ans. Il a été remarqué que ce sont les personnes qui apprennent la lecture tardivement qui font le plus facilement des études littéraires. Mais, quel que soit l’âge auquel ils apprennent la lecture, ils finissent avec des niveaux de lecture comparables. Et pendant le temps qu’ils n’ont pas consacré à la lecture, ils ont acquis d’autres connaissances et compétences. Ce même processus se retrouve pour tous les “fondamentaux” nécessaires dans notre monde moderne. Il faut pouvoir avoir une réelle motivation (intrinsèque) pour donner du sens à ce que l’on fait et apprendre à son rythme. Pour dire les choses autrement : si un enfant a envie d’apprendre quelque chose, rien ne peut l’arrêter. A contrario, il est extrêmement difficile de faire apprendre quelque chose à un enfant (ou un adulte !) qui n’en a pas envie ! Respecter le rythme de l’enfant n’est pas un “plus” ; c’est la base.

     

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  • Comment être sûr que les enfants vont apprendre à lire, écrire, compter ?

    Un enfant apprend à marcher et parler sans contrainte, programme ou méthode spécifique. La communication orale et écrite ainsi que les connaissances mathématiques de base sont tellement essentielles dans notre environnement actuel, que chaque enfant ira naturellement vers la lecture, l’écriture et le calcul le moment venu, quand il en aura besoin et qu’il sera prêt.

    Il apprend alors en quelques semaines à lire, écrire ou compter, suivant son besoin avec ou sans l’aide d’un autre enfant ou d’un(e) facilitateur(trice) d’apprentissage.

    Dans les écoles démocratiques, les enfants apprennent à lire, écrire et compter, et ce sans forcément recevoir d’enseignement formel de la part d’un pédagogue diplômé.

     

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  • Mon enfant veut passer un diplôme ; est-ce possible ?

    Bien sûr, il est tout à fait possible pour un(e) étudiant(e) de passer le BAC ou tout autre diplôme. Il lui faudra se présenter à l’examen en candidat libre.

    Toutefois, l’école ne met en place aucune obligation, ni même incitation à passer le BAC. L’initiative doit être à l’origine du jeune, et découler d’une réelle motivation de sa part, et non d’une pression extérieure. Il appartient ensuite à chaque jeune qui veut se présenter à un examen de solliciter l’aide dont il a besoin pour se préparer à cet examen (le membre de l’équipe, ses pairs, des intervenants extérieurs, des ressources en ligne, des documentaires, des livres et manuels scolaires...)

     

    Les membres de l’équipe pédagogique, et éventuellement des intervenant(e)s extérieur(e)s, seront là pour épauler l’étudiant(e) qui souhaite passer un examen, en partageant avec lui(elle) leur expérience et leurs connaissances. Cependant, au sein de l’école d’à côté, la préparation d’un examen est logée à la même enseigne que n’importe quel autre apprentissage : celle de l’autonomie !

     

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  • Mon enfant ne risque-t'il pas de passer à côté d'une infinité de savoirs, sans la sollicitation d'un professeur ? Comment pourra-t'il savoir ce qu'il aime s'il n'est pas stimulé, exposé à des activités nouvelles ?

    Les étudiant(e)s de l’école d’à côté passeront à côté d’une infinité de savoirs... comme tous les autres enfants et adultes.

    Toutefois, les enfants qui arrivent dans notre école (et dans toutes les autres écoles) ne sont pas des être vides, sans histoire et sans centres intérêts. Il est parfois nécessaire de prendre le temps de savoir ce qui les intéresse réellement. Mais les interactions avec les autres enfants de tout âge et les adultes de l’équipe les exposent à une grande variété de domaines et d’expériences ; libre à eux ensuite de suivre leur curiosité et intérêts grâce aux outils à leur disposition.

    Dans cette école nous avons une confiance inconditionnelle dans l'enfant (l’être humain) et ses capacités à apprendre en permanence de toutes les expériences, y compris de l’ennui. Nous n’opérons aucune hiérarchie parmi les apprentissages et considérons qu’il n'y a pas de petit apprentissage. Ainsi, un enfant qui passerait ses journées à faire des mathématiques ne serait pas considéré comme plus intelligent qu’un autre qui préfèrerait s’adonner au jardinage ou au sport. Depuis quelques années, l’idée qu’il n’y a pas une intelligence, mais plusieurs intelligences est peu à peu acceptée...

     

    « Ce que nous savons est fini ;

    ce que nous ne savons pas est infini. »

    (Jean-Yves Leloup).

     

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  • Si mon enfant veut faire du chinois, de la chimie ou des mathématiques, comment peut-il y arriver ?

    Un(e) étudiant(e) souhaitant développer une nouvelle compétence peut solliciter un de ses pairs ou une personne de l’équipe pédagogique pour l’accompagner et éventuellement l’aider dans sa démarche.

    En plus des bibliothèques, Internet est également une riche source d’apprentissage, d’autant plus qu’il existe des plateformes d’apprentissage autonome de très bonne qualité (Khan Academy, Duolingo, Kartable...).

    Enfin, les étudiant(e)s ont également la possibilité de proposer en Conseil d’École de faire appel à des intervenants extérieurs qui pourront partager leur expérience au sein ou en dehors de l’école.

    Lorsqu’une personne libre de son temps et de ses choix souhaite acquérir une nouvelle compétence, elle est généralement portée par son enthousiasme. Celui-ci est le moteur de son apprentissage et lui permet de trouver et déployer les outils nécessaires à ses acquisitions propres.

     

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  • Allez-vous aider mon enfant à s'occuper s'il s'ennuie ?

    La liberté est une grande responsabilité et elle nécessite généralement un temps d’adaptation, plus ou moins long selon les personnes. Les réactions face à cette liberté sont diverses et fluctuent au fil du temps. Il arrive souvent d’alterner des phases de jeu, de projets, d’exploration, d’excitation intense et des phases d’ennui. Ces dernières correspondent généralement à un temps d’introspection où l’on peut se poser la question: “mais qu’est-ce que j’ai vraiment envie de faire ?”

    Dans notre école, nous laissons la place à l’ennui et à la rêverie car nous sommes convaincus que cela peut permettre à chacun de spontanément trouver ce qui est bon pour lui, s’il est entouré de bienveillance et de respect. L’ennui est un allié de la créativité et de l’imagination. Dans cette perspective, la réflexion et la prise de recul permis par l’ennui sont un véritable trésor dont nous devons tous apprendre à profiter. Les idées les plus pertinentes naissent dans les esprits sereins et désencombrés !

     

     

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  • Que fait-on si les enfants ne veulent rien faire ?

    Au cours de sa scolarité dans l’école d’à côté, notamment suite à plusieurs années d’étude dans l’enseignement public, un enfant pourra se trouver désorienté, un peu perdu dans l’école, sans trop savoir quoi faire.

    Cette période de transition est tout à fait légitime et a été souvent observée dans les écoles démocratiques ouvertes depuis un certain nombre d’années, spécialement chez les adolescents issus du collège/lycée public. Nous croyons qu’elle est bénéfique pour l’enfant.

    Il peut s’avérer très difficile de passer d’un environnement dans lequel chaque journée voire chaque heure est organisée par un tiers, à un lieu dans lequel on devient l’acteur autonome de ses choix. L’enfant aura besoin de se reconnecter avec lui-même et ce processus pourra prendre la forme de moments plus ou moins longs où il ne souhaitera rien faire du tout.

    Ce type de comportement est donc assez habituel et nous souhaitons que les familles en aient conscience afin d’accepter et accompagner si besoin cette période de transition.

    Par ailleurs, il est important de reconsidérer l’ennui à sa juste valeur. Dans un monde qui encourage puissamment les individus à trouver normal le fait d’être surchargé, au point de ne plus se poser la question du sens de leurs activités, il nous semble vital au contraire de réapprendre à prendre le temps.

     

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  • Comment se passe la transition si mon enfant doit retourner dans l'enseignement "classique" ?

    De manière générale, que ce soit dans le primaire ou le secondaire, le retour choisi ou imposé est parfaitement possible. Les élèves qui viennent de l’enseignement privé hors contrat ou de l’Instruction En Famille qui souhaitent être admis en collège ou en lycée passent un examen d’entrée (organisé chaque année ou sur demande en cours d’année dans certains cas). Si l’étudiant(e) connaît avec un peu d’avance sa date de départ, il est tout à fait possible de se préparer à cette transition et à l’examen au sein de l’école.

    Pour rejoindre un établissement hors contrat, c’est souvent plus simple. La plupart admettent les élèves sur dossier, même si certains font quand même passer un examen d’entrée.

    Pour ce qui est de l’enseignement supérieur, les passerelles sont également possibles, même lorsqu’un(e) étudiant(e) ne souhaite pas passer le bac. Les universités organisent pour les non-bacheliers un examen d'accès aux études universitaires. De plus en plus de formations professionnelles donnent accès à des titres professionnels reconnus par le RNCP (répertoire national des certifications professionnelles) en équivalence de niveaux universitaires.

    Dans tous les cas, les professeurs (et les parents) ont été surpris par les facultés d’adaptation dont ont fait preuve les élèves. Mais ce n’est pas surprenant quand on sait qu’une école démocratique demande à ses étudiant(e)s d’être responsables, respectueux et autonomes. Il peut y avoir des lacunes, bien sûr. Mais les lacunes sur les connaissances académiques sont bien moins importantes (et plus faciles à surmonter) que le manque de connaissance de soi et des autres.

     

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  • Pourquoi cette école est-elle payante (alors que l'école publique est gratuite) ?

    Contrairement aux idées reçues, l'école publique n'est pas réellement gratuite : en 2017 la scolarité dans le premier degré coûtait 6190€ par an et par élève, et 9700€ pour le second degré (cf. "L'école en France en chiffres"). Ce coût ne prend pas en compte le coût des locaux (pris en charge par la municipalité ou le conseil départemental), ni des transports. L'école publique dans son ensemble est financée par la solidarité nationale, comme beaucoup d'autres services publics.

     

    En France, contrairement à d’autres pays en Europe, les écoles différentes sont majoritairement privées ; à ce titre, elles doivent être partiellement ou totalement financées par des fonds privés (cf. "L'école en France en chiffres"). C’est un choix politique qui n’a pas été celui d'autres pays Européens : certaines écoles démocratiques aux Pays-Bas sont financées par l’Etat (école De Vallei PO) ; en Allemagne les Freischuhle sont financées par l’état fédéral, les länder et les municipalités, comme les écoles publiques. En attendant que cet état de fait évolue, et que la diversité éducative soit enfin accessible à toutes et à tous, librement et sans frais de scolarité, les écoles différentes sont obligées de faire appel au financement privé (souvent aux familles, sous forme de frais de scolarité) ; en effet, il faut financer les salaires, les locaux, les charges… tout comme dans l’école publique. Les familles qui scolarisent leurs enfants dans le privé (soit 17% des élèves en France) sont aussi des contribuables, elles participent à la solidarité nationale pour l’école publique et paient donc une seconde fois la scolarité de leurs enfants.

     

    A l’école d’à côté, nous avons fait le choix d’un modèle associatif (à but non lucratif) et participatif. Nous faisons le pari d’un modèle où l’école n’est pas un service qu’on achète mais une aide pour que nos enfants deviennent des adultes libres, responsables et heureux. Cela demande une implication des familles, de plusieurs manières : par des appels aux dons à relayer dans les réseaux de chacun(e), par une participation active dans la vie de l’école et par des frais de scolarité réduits au minimum. Idéalement, nous souhaiterions arriver à un modèle où les frais de scolarité sont en participation libre et consciente (telle que définie par l’Université du Nous) ; cela prendra probablement du temps, et d’ici là les charges financières existent. Nous sommes aussi conscients que le modèle de pur bénévolat dans une structure qui demande autant de travail et de responsabilités n’est pas viable sur le long terme. C’est pourquoi nous envisageons la possibilité d’un recrutement salarié très rapidement.

     

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  • L'école en France en chiffres

    Voici une photo (forcément partielle) de l'école en France, en chiffres :

    Pour la rentrée 2016-2017, d'après le Ministère de l'Education Nationale, il y a 12 358 900 élèves scolarisés dans le public et le privé, dont:

    • 6 808 900 dans le premier degré (maternelle + élémentaire)

    • 5 590 000 dans le second degré (collège + lycée).

    Enseignement public/privé en chiffres :

    Un établissement est soit public (dépend de l’Éducation Nationale), soit privé. S'il est privé, il peut être :

    • sous contrat : l'établissement doit respecter le programme de l’Éducation Nationale, et les enseignants sont salariés par l’Éducation Nationale

    • hors contrat : l'établissement n'a pas de contrainte de programme, mais 100% des frais sont à la charge de l'établissement.

    Pour plus de détails sur les spécificités des écoles privées sous contrat ou hors contrat, voir ici. Au total, il y a 1400 écoles hors contrat en France (+26% entre 2011 et 2014), dont 300 sont confessionnelles (21,4%), cf. article du Figaro.

    Pour le premier degré (ie. maternelle + élémentaire), en 2016, il y avait 933600 élèves dans le privé, soit 13,7% (source : Géographie de l'école 2017, Ministère de l'Education Nationale).

    Pour le second degré (collèges et lycées), en 2016, il y avait 1181100 élèves dans le privé, soir 21,17% (source : L’Éducation Nationale en chiffres 2017).

    Au total, 17% des élèves en France sont scolarisés dans le privé (chiffres 2016-2017). Entre 90% (source : Nouvel Obs) et 95% (source : Annuaire officiel de l'enseignement privé, Libération) des élèves scolarisés dans le privé le sont dans des établissements catholiques. La question de la laïcité du système Français mérite d’être posée.

    Pour 2017, l’Éducation Nationale dispose d'un budget de 68,64 Milliards d'Euros (cf. Projet de Loi de Finances 2017) ; sur cette somme, 7 milliards d'Euros (soit 10,2%) sont consacrés à l'enseignement privé (source : Libération et Nouvel Obs).

    La dépense moyenne par élève, en 2015 (source : L’Éducation Nationale en chiffres 2017), est de :

    • 6190 €/an pour le 1er degré

    • 9700 €/an pour le 2nd degré

    Panorama des principales pédagogies en France en 2017 :

    • Montessori : 217 écoles en France en 2017 (Source : ici), dont au moins une publique (Banquefort-sur-Briolance)

    • Steiner-Waldorf : 22 écoles en France (source : ici)

    • Écoles démocratiques : 25 en France, et 45 autres en projet (source : ici). Mise à jour mi 2019 : 40 écoles ouvertes, plus de 50 en projet

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